La rentabilité comme voie vers l’autonomie
Pour les agriculteurs canadiens, accroître la rentabilité devrait être la priorité numéro un de la politique agricole au cours de la prochaine décennie.
Un sondage* mené par l’Institut Angus Reid en partenariat avec l’Institut canadien de la politique agroalimentaire montre que 32% des agriculteurs considèrent la rentabilité comme leur principale préoccupation, plus que dans tout autre domaine politique.
Cependant, les données révèlent deux défis importants pour les agriculteurs :
- Le chemin pour atteindre et maintenir le profit est de plus en plus entravé par des obstacles financiers
- Un écart entre les priorités des agriculteurs et leur confiance dans les cadres politiques existants.
L’enjeu des coûts
Les données de l’enquête montrent un schéma constant à travers les principaux défis financiers, les agriculteurs exprimant une confiance inférieure à celle des autres acteurs de l’industrie.

- Abordabilité des intrants: 3% des agriculteurs ont confiance dans les politiques gouvernementales (comparativement à 21% des acteurs non agricoles de l’industrie et 24% de la société civile).
- Volatilité des prix des matières premières: 8% des agriculteurs confiants (13% de l’industrie non agricole, 40% de la société civile).
- Gestion de l’inflation: 10% des agriculteurs confiants (10% de l’industrie non agricole, 25% de la société civile).
- Revenus agricoles et endettement: 15 % des agriculteurs sont confiants (22 % dans la société civile.
Ce décalage entre les besoins des agriculteurs et l’efficacité perçue des politiques renforce la nécessité de réduire la dépendance envers le gouvernement afin d’accroître l’autosuffisance financière comme voie vers un secteur agricole durable au Canada.
Géopolitique et les événements climatiques compriment les marges
Le secteur agricole fait face à une exposition importante à la dynamique du marché américain. L’enquête indique que 78% de tous les acteurs agricoles et agroalimentaires sont pessimistes quant à l’impact de l’administration américaine actuelle sur l’agriculture canadienne.
Chez les agriculteurs en particulier, les préoccupations sont tangibles:
- 56% estiment que la concentration commerciale du Canada avec les États-Unis est trop élevée.
- 33% sont confiants que le Canada peut efficacement atténuer les perturbations commerciales, laissant les deux tiers incertains.
- 17% se sentent à l’abri des impacts potentiels des tarifs, ce qui signifie que plus de 80% se sentent vulnérables.
Dans l’ensemble de l’industrie agricole, 38% des parties prenantes citent la volatilité des prix des matières premières comme une menace importante, en augmentation par rapport aux années précédentes.
Ces pressions du marché international se combinent aux défis de production nationale. Soixante-quinze pour cent des producteurs rapportent avoir vécu des événements météorologiques extrêmes au cours des cinq dernières années, réduisant les marges opérationnelles et augmentant l’incertitude.
Renforcer la résilience financière
Lorsque seulement 3 à 10% des agriculteurs ont confiance dans les cadres gouvernementaux pour relever les principaux défis financiers, l’accent devrait se concentrer davantage sur ce qui peut être géré au niveau de la ferme.
Les entreprises agricoles peuvent accroître leur résilience financière grâce à une gestion efficace des risques, qui couvre généralement quatre domaines clés :
- Exposition aux prix du marché (intrants, matières premières et devise)
- Performance économique et analyse de l’entreprise
- Efficacité de production et optimisation technique
- gestion des risques opérationnels, y compris la santé animale pour les exploitations d’élevage.
Chacune de ces zones représente une variable que les fermes peuvent activement gérer plutôt que de réagir.
Une telle approche proactive réduit l’incertitude, mais nécessite souvent la combinaison d’expertise humaine et d’outils basés sur les données qui aident à anticiper les risques et opportunités propres aux circonstances uniques de la ferme.
L’autosuffisance financière exige aussi une efficacité opérationnelle. Optimiser les pratiques de production selon les normes les plus récentes de qualité et d’efficacité garantit que chaque dollar d’intrant génère un rendement maximal. De même, une coordination solide de la santé et des programmes de santé animale ne se limite pas à la conformité; Ils visent à protéger les actifs les plus précieux de la ferme contre les menaces « extrêmes » que 37% de l’industrie associent aux changements environnementaux.
Optimisme prudent
Malgré les défis décrits dans l’enquête, 70% des acteurs de l’industrie agricole et agroalimentaire demeurent optimistes quant à l’avenir du secteur. Cet optimisme général varie selon les groupes d’intervenants : les représentants gouvernementaux (80%) et la société civile (85%) affichent le plus d’optimisme, tandis que les agriculteurs eux-mêmes affichent un optimisme plus prudent à 59%, une réponse raisonnable compte tenu de leur exposition directe aux risques du marché et de la production.
Les agriculteurs comprennent l’environnement de fonctionnement et recherchent des solutions concrètes pour le gérer efficacement. La combinaison d’une évaluation réaliste et d’une volonté d’évoluer des approches de gestion suggère que le secteur agricole canadien peut se positionner pour naviguer dans les incertitudes actuelles tout en bâtissant vers une rentabilité et une durabilité à plus long terme.
Parlons de la façon dont Agrintel peut vous aider à prendre le contrôle des risques du marché aujourd’hui afin d’assurer votre indépendance demain.
*À propos du sondage : Réalisé par Angus Reid en partenariat avec l’Institut canadien de la politique agroalimentaire, du 19 février au 1er avril 2025. Échantillon de 508 parties prenantes agricoles, dont 198 agriculteurs, 60 représentants gouvernementaux et d’autres membres de l’industrie agroalimentaire, y compris les transformateurs, distributeurs et organisations de la société civile.
